Calendar girl ; avril

Audrey Carlan

 

CHAPITRE PREMIER

 

– Salut, Beauté.

Ce sont les premiers mots qui sortent de sa bouche – qui, au passage, est terriblement sexy. Dommage que ses paroles et la façon dont ses yeux me reluquent des pieds à la tête me fassent bouillir… de rage. Adossé à sa limousine, Mason Murphy porte des lunettes de soleil d’aviateur, ses cheveux sont châtain foncé avec des reflets roux, et son sourire en coin fait sans doute fondre les culottes de ses fans. Heureusement pour moi, je suis désormais habituée à être entourée de mecs canon.

Je lui tends la main, et il m’étudie en remontant ses lunettes sur sa tête, révélant de magnifiques yeux verts.

– Quoi, tu m’embrasses pas ?

Je le dévisage en fronçant les sourcils et en croisant les bras.

– Tu es sérieux ? C’est ça, ton plan drague ?

Il enlève ses lunettes et mordille une branche en me matant de nouveau des pieds à la tête.

– Cette fougue ? J’aime les nanas coriaces.

Je cligne plusieurs fois des yeux pour m’assurer que je ne rêve pas. Peut-être le somnifère que j’ai pris avant de décoller fait-il encore effet. Je suis toujours sur les nerfs quand je prends l’avion, mais ce n’est rien à côté de ce que je ressens maintenant.

Il écarquille les yeux et sourit jusqu’aux oreilles. Il a vraiment un très beau visage, des pommettes hautes, un petit creux dans le menton, des yeux étincelants et diaboliques. Il fait un pas vers moi, passe un bras autour de mon cou et m’embrasse sur la tempe, pendant que je me retiens de ne pas lui en coller une.

– Tu vas enlever ton bras et reculer. Tu as oublié tes bonnes manières ou quoi ?

Mason ancre fermement ses pieds dans le sol et approche son visage comme pour me confier un secret.

– Je sais ce que tu fais et ça me va parfaitement. J’en suis ravi, même. On va beaucoup s’amuser, toi et moi.

Je pose ma main entre ses pectoraux et le pousse pour éloigner son visage du mien. Reprenons à zéro.

– Écoutez, Monsieur Murphy…

– Monsieur Murphy ? Hmmm, ça me plaît.

J’inspire lentement et je serre la mâchoire. Ce type est insupportable.

– Ce que j’essayais de dire avant que vous ne m’interrompiez, c’est que vous faites erreur à mon sujet. Je suis une escort, ce qui signifie que je dois vous accompagner à divers événements publics et que je vous tiendrai compagnie de manière amicale.

Il se rapproche de nouveau, saisit mes hanches et les plaque contre les siennes.

– J’ai hâte qu’on soit amicaux, susurre-t-il en frottant son bassin contre le mien, me faisant sentir son érection grandissante.

Je soupire et le repousse en décidant de lâcher l’affaire.

– Contente-toi de prendre mes sacs.

C’est alors qu’il siffle son chauffeur, comme un chien, et je grimace en enlevant ses mains de mes hanches.

– T’en fais pas, Bébé, tu t’habitueras tôt ou tard, dit Mason.

Je lève les yeux au ciel et j’ouvre moi-même la portière pour me faufiler à l’intérieur. Il me suit et, une fois installé en face de moi, frappe dans ses mains.